WordPress en agence : interview de la SSII Web GLOBALIS

Par Nandor WIENER18 juin 2012

Afin de conserver une impartialité sur le CMS WordPress et d’observer son application notamment en agence, nous avons souhaité interroger nos confrères de Globalis, SSII Web spécialisée sur le développement d’applicatifs PHP, LAMP (Linux Apache MySQL PHP) et WordPress sur mesure.

Pour commencer pouvez-vous vous présenter ?

Julien OGER, GLOBALIS media systems. Je travaille dans la société depuis 8 ans dont 4 en tant que chef de projet. Je m’occupe, entre autres, de la gestion de forfaits et TMA basés, en partie, sur les CMS PHP du marché : SPIP, DotClear, Joomla! et WordPress.

Quand avez-vous découvert et commencé à utiliser WordPress ?

GLOBALIS a toujours eu un investissement fort autour de PHP et de son utilisation en milieu professionnel, la société est, entre autres, à l’origine de l’AFUP, de PHPIndex, etc. Cet investissement passe également par une forte activité de veille technologique, et concernant WordPress, l’outil concentre la plus grande partie de notre veille à l’heure actuelle.

 

Pour ce qui est de la découverte de WordPress, nous suivons ce projet depuis pas mal de temps, pour être exact depuis la sortie de b2. Ce CMS ne proposait à l’époque (2001 à 2007) pas de réel atout commercial face à la concurrente : projet peu connu, communauté de développeurs peu importante, parti pris de l’orientation “moteur de blog”, etc.

 

Ainsi, lorsqu’en  2005-2006, GLOBALIS s’est tourné de façon plus importante vers des offres CMS, le choix a été fait de partir sur 2 technos à savoir SPIP (utilisation non négligeable dans le secteur public et les ministères) et Joomla!. Nous avons également été amenés à travailler sur du Typo3 sur demande client spécifique.

 

En 2007, l’importance de WordPress n’est plus à démontrer mais GLOBALIS fait le pari de se tourner vers un outil 100% français, techniquement très intéressant et en plein essor : DotClear . Cependant, les lacunes techniques de SPIP et les longueurs de démarrage de Dotclear2 nous ont peu à peu fait basculer vers une offre commerciale tournée vers WordPress.

 

Alors que nos premiers échanges clients sur le sujet remontent à 2006-2007, nos premiers projets de production sous WordPress date de 2009. Ils s’agit au départ de sites web à fort trafic avec une grosse part de développements spécifiques (moteur de gestion de produits, annuaires, e-commerce, etc.).

 Avez-vous testé d’autres CMS ? Pourquoi finalement avoir choisi ce CMS ?

Comme dit précédemment, nous avons une bonne expérience due à un nombre important de projets sur les CMS SPIP, DotClear, Joomla! et Typo3.

 

WordPress est aujourd’hui favorisé pour plusieurs raisons :

– Il offre une courbe d’apprentissage réduite ce qui est un réel atout dans un contexte de production puisqu’il permet de réduire les temps de formation, de développements et par effet vertueux le coût final pour le client.

– Il est bien connu du grands public, c’est un nom qui fait mouche auprès des clients ce qui facilite l’argumentaire commercial du “Pourquoi WordPress ?”.

– Même s’il n’est pas exempt de tout reproche, WordPress offre une plateforme technique stable et une très grande souplesse sur des développements complémentaires : création de plugins, customisation graphique et technique.

– Pour les utilisateurs, l’interface d’administration “contributeur” est simple et claire (hors partie administration), et va d’ailleurs en s’améliorant (en tout cas comparé à la concurrence)

– La communauté technique comme celle des utilisateurs est très importante, offrant de nombreuses ressources notamment sur les plugins et les thèmes. Concernant les plugins, leur nombre très important permet de limiter le développement spécifique et de proposer des budgets en phase avec le marché.

Qu’est-ce qui vous a immédiatement séduit et donné envie d’aller plus loin ?

Le projet ne nous a pas immédiatement séduit. Pour nous au départ, WordPress constituait uniquement une base de CMS sur lequel nous pouvions connecter des développements complémentaires de façon assez souple.

 

Après plusieurs semaines de veilles et de projets pilotes, il s’est avéré que l’attrait principal de l’outil concerne son fonctionnement technique. Il permet des créer très simplement de nouveaux objets et de les connecter à l’existant via du développement événementiel (Hook, Cron, etc.). Cela est d’autant plus vrai depuis la version 3 avec la généralisation des notions de Custom Post type, Custom taxonomies, Custom menus, etc.

 

En d’autres termes, il est très simple de faire évoluer l’outil (même sur des fonctionnalités très bas niveau) sans toucher à son coeur applicatif et donc sans remettre en cause les montés de version et les patchs correctifs.

Quelle est la part actuelle de vos réalisations sous Wp VS les autres cms ?

Sur notre activité liée au CMS, la part de WordPress représente environ 50% des réalisations forfait/TMA/Régie.

 

Ceci notamment grâce à la création d’une offre dédiée aux petits budgets en début d’année : WP-Chrono (http://wp-chrono.com). Une offre qui a déjà abouti à une demi-douzaine de réalisations en production.

Vos clients vous demandent ils expressément WP ou c’est plutôt vous qui leur conseillez ?

Un peu des deux. Même si en fonction des offres commerciales nous favorisons l’utilisation de cet outil sur de la gestion de contenus, il n’est pas rare de voir apparaitre WordPress dans des appels d’offre. Il est également fréquent d’avoir en face des clients ou prospects qui utilisent WordPress pour des activités extra-professionnelles et qui se sentent à l’aise avec l’outil. Si bien que nous avons beaucoup moins de mal à discuter sur les possibilités de l’outil ou encore sur les difficultés d’implémentation technique liées à certaines demandes fonctionnelles.

 Avec le recul des années, quels sont les points positifs et négatifs de ce cms ?

Les points positifs ont été exposés précédemment, on trouve notamment la communauté, possibilités techniques et l’interface d’administration intuitive.

 

Concernant les points négatifs :

– La documentation (technique) anglaise qui est plutôt complète mais assez mal organisée. Dans le même ordre d’idée, la recherche d’un plugin sur le site officiel n’offre pas la pertinence souhaitée ni de recherche avancée vraiment intéressante. Idem pour les thèmes.

– Dans l’outil, la gestion des médias manque de pas mal de fonctionnalités. Par exemple une notion d’organisation serait la bienvenue (notion de dossier qui pourrait notamment s’appuyer sur la taxonomie).Il existe évidemment des plugins mais il s’agit d’une fonctionnalité de base pour un CMS.

– La recherche qui n’est pas pertinente et ne propose pas de filtres avancés en natif.

– La qualité de certains pans de code sur les “compatibilités” (exemple des commentaires).

– La communauté importante et la simplicité de développement sur l’outil qui est à double tranchant : de nombreux plugins et thèmes sont à proscrire de par la qualité du code ou l’inclusion de codes malveillants. Un regard expert ou la connaissance de ressources sûres est donc indispensable pour éviter tout risque.

Procédez-vous comme pour un « site classique » ou la gestion de projet a été « repensée » pour WordPress ?

Nous conservons une méthodologie classique d’un point de vue gestion de projet. Nous avons, chez GLOBALIS une méthode de travail basée sur les méthodes agiles Crystal et Scrum et qui a été pensée pour l’ensemble des projets.

 

La seule chose notable concernant WordPress sont :

– l’organisation de veille récurrente sur le sujet,

– la mise en place de Night Session qui sont des “Mini-conférences” proposées entre 19h et 21h par et pour les équipes de GLOBALIS,

– le maintien d’une plateforme de qualification sur laquelle nous testons et qualifions les thèmes et plugins les plus pertinents.

 

Ce qui est peut être le plus spécifique à la gestion de projet propre à WordPress concerne la phase de conception (fonctionnelle et technique) : en définitive, ce qui est important pour bien appréhender WordPress et répondre aux besoins du client est moins la compétence technique que l’imagination. Le moteur de tout cela est une bonne connaissance de l’outil, de ses fonctionnalités natives et surtout de ses limites.

 

Merci Julien, pour ces échanges si enrichissants !

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